Comment tailler un framboisier : remontants et non remontants

Un framboisier bien taillé se reconnaît vite : rang clair, cannes vigoureuses, fruits accessibles et peu de maladies. À l’inverse, un fouillis de tiges sèches, de branches couchées et de petites framboises acides trahit presque toujours une taille absente ou mal faite. La clé, avant même de penser au sécateur, tient en une question simple ... Lire plus
Olivier Lemoine
découvrez comment tailler efficacement vos framboisiers remontants et non remontants pour garantir une meilleure récolte et des plants en bonne santé tout au long de l'année.

Un framboisier bien taillé se reconnaît vite : rang clair, cannes vigoureuses, fruits accessibles et peu de maladies. À l’inverse, un fouillis de tiges sèches, de branches couchées et de petites framboises acides trahit presque toujours une taille absente ou mal faite. La clé, avant même de penser au sécateur, tient en une question simple : framboisier remontant ou framboisier non remontant ? Toute la technique de taille découle de cette distinction. Un fruitier qui donne deux fois dans l’année ne se gère pas comme un autre qui ne fructifie qu’en été.

Dans de nombreux jardins, les plants viennent d’une pépinière, d’un voisin ou d’un vieux massif dont plus personne ne connaît la variété. Résultat : certains jardiniers coupent tout à ras au mauvais moment, d’autres n’osent plus toucher aux cannes de peur de compromettre la récolte. Pourtant, avec quelques repères visuels et un calendrier simple, il devient possible de décider sereinement quand intervenir, quelles tiges supprimer et lesquelles garder pour soutenir la croissance et la prochaine récolte.

Ce guide s’appuie sur des gestes concrets : nombre de tiges à conserver par mètre, hauteur de coupe selon le type de framboisier, angle du biseau pour limiter les maladies, combinaison entre taille, paillage et apport organique. Il suit aussi le rythme réel du jardin : fin de récolte d’été, repos hivernal, redémarrage de la sève, en tenant compte des risques de gel. En fil rouge, l’exemple d’une petite allée de framboisiers où un simple changement de méthode a transformé une bordure dégarnie en véritable couloir de fruits faciles à cueillir.

En bref

  • Distinguez toujours framboisier remontant et framboisier non remontant avant d’entamer la taille, sous peine de perdre une saison entière de fruits.
  • Respectez un calendrier clair : non remontant taillé surtout après la récolte d’été, remontant taillé principalement en fin d’automne ou hiver, hors période de gel.
  • Conservez 7 à 10 cannes par mètre linéaire, espacées de 10 à 15 cm, pour un bon compromis entre rendement et aération du feuillage.
  • Coupez net et en biseau, à environ 5 mm au-dessus du bourgeon, avec un angle qui éloigne l’eau de pluie de l’œil.
  • Terminez toujours par l’entretien du pied : paillage de 8 à 10 cm, fumure organique, palissage vérifié et serré, c’est ce trio qui consolide la récolte suivante.

Reconnaître framboisier remontant et framboisier non remontant avant la taille

La plupart des erreurs viennent d’un mauvais diagnostic. Un framboisier non remontant produit seulement en début ou milieu d’été, alors qu’un framboisier remontant étale ses fruits jusqu’en automne. Cette différence de comportement influe directement sur les cannes à conserver. Sur un non remontant, toute la récolte d’été se prépare l’année précédente, sur le bois de deux ans. Sur un remontant, la plante utilise à la fois les cannes jeunes et celles qui ont déjà une saison derrière elles.

Pour un jardinier qui récupère un vieux rang dont l’étiquette a disparu, la première question à se poser est simple : « Y a-t-il des framboises en septembre ou octobre ? ». S’il n’y a jamais de fruit après l’été, le massif appartient presque sûrement au groupe des non remontants. Si des framboises fraîches se forment encore sur les extrémités vertes à l’automne, il s’agit d’un remontant. Ce repère calé sur la période de récolte vaut bien mieux qu’une recherche approximative de nom de variété.

Un second indice se lit directement sur les cannes. Les tiges ayant déjà fructifié exhibent une écorce brun-gris, parfois légèrement fendillée, et des traces de pédicelles secs là où se trouvaient les grappes de fruits. En fin de saison, ces cannes sont souvent plus rigides, avec des sommets desséchés. À côté, les pousses de l’année se distinguent par une couleur vert clair ou rougeâtre, une souplesse marquée et une surface de tige encore lisse.

Dans un jardin de lotissement par exemple, il n’est pas rare de tomber sur un massif planté par l’ancien propriétaire. Laurent, nouveau venu, voyait bien ses framboises se raréfier d’année en année. Les cannes s’entremêlaient, certaines couchaient sur l’allée, mais il hésitait à couper. Une simple observation de la fructification d’automne a suffi : pas un fruit après août, les plants se sont révélés être des framboisiers non remontants. Cette clarification a débloqué la situation et ouvert la voie à une taille adaptée.

Ce diagnostic influe ensuite sur la stratégie générale. Un framboisier remontant supporte très bien une taille quasiment au ras du sol en hiver, puisque la récolte d’automne se fera sur les nouvelles cannes vigoureuses. Un framboisier non remontant, traité de la sorte, se retrouverait nu au moment de la floraison estivale, faute de bois de deux ans pour porter les fruits. L’orientation des coupes, le moment et même l’intensité de l’élagage reposent donc entièrement sur ce premier tri visuel.

Pour lever un dernier doute, un test simple consiste à gratter légèrement l’écorce avec l’ongle. Sous la fine pellicule extérieure, un tissu vert indique une canne encore vivante, alors qu’un bois brun et sec prouve que la tige a terminé son cycle. Ce geste, combiné à l’observation de la période de récolte, donne une base solide pour aborder la taille sans craindre de supprimer les futures cannes productives. Identifier le type de framboisier, c’est déjà faire la moitié du travail de taille.

apprenez à tailler efficacement vos framboisiers remontants et non remontants pour favoriser une croissance saine et une récolte abondante. guide pratique et conseils faciles à suivre.

Calendrier de taille des framboisiers : saisons, températures et périodes à éviter

Une fois la variété clarifiée, le timing devient la question suivante. Le framboisier n’aime pas les tailles improvisées en plein redémarrage de sève ou sous un gel mordant. Le bon moment ne se lit pas seulement sur le calendrier, mais aussi sur le thermomètre et l’état des bourgeons. Un même geste n’a pas le même impact selon que les yeux sont encore au repos ou déjà gonflés.

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Pour un framboisier non remontant, la taille centrale intervient juste après la récolte d’été. Dans la plupart des régions tempérées, cette période se situe entre mi-juillet et fin août. Dès que les dernières framboises ont été cueillies, les cannes qui ont porté la récolte n’ont plus d’utilité productive. Les supprimer rapidement libère la lumière et l’air dont ont besoin les jeunes pousses de l’année pour fortifier leur bois avant l’hiver. Une intervention complémentaire, plus légère, peut se programmer en fin d’hiver pour éliminer les tiges abîmées par le froid et ajuster la hauteur.

Du côté du framboisier remontant, la situation se complique un peu, mais offre aussi plus de souplesse. Une première taille s’effectue dès la fin de la première récolte d’été, en coupant les cannes qui viennent de donner et qui ne serviront plus à l’automne. La taille principale, plus radicale, se fait entre novembre et mars, pendant le repos végétatif, en prenant soin d’attendre une fenêtre de douceur. Beaucoup de jardiniers préfèrent intervenir en fin d’hiver pour réduire le risque de gel intense sur les plaies fraîches.

Les températures constituent un repère pratique. En dessous d’environ −3 °C, le bois devient fragile, les tissus se raidissent et les plaies de taille cicatrisent mal. Une coupe nette réalisée dans ces conditions risque de se fendre, ouvrant la porte aux champignons et aux nécroses. L’idéal est de guetter quelques jours consécutifs au-dessus de 0 °C, avec un léger redoux en journée, pour tailler dans un bois sain et disposé à cicatriser rapidement.

Autre période délicate : la phase où les bourgeons gonflent franchement, souvent entre mars et début avril selon les régions. Lorsque la sève monte déjà et que les yeux commencent à éclater, chaque coupe tardive retire à la plante une partie de l’énergie qu’elle vient de mobiliser. Sur un rang déjà faible, ce gaspillage de réserves peut se traduire par une croissance ralentie, des cannes plus chétives et une récolte en baisse. Mieux vaut avoir terminé l’essentiel de la taille avant ce stade.

Un jardin partagé en bord de ville illustre bien ce jeu de timing. Sur deux parcelles voisines, les framboisiers étaient d’âge comparable. Le premier groupe a été taillé méthodiquement en fin d’hiver, par temps doux, avec un bon nettoyage des cannes mortes. Le second a attendu la mi-avril, sous prétexte d’un planning chargé. À la saison suivante, l’écart de vigueur s’est vu au premier coup d’œil : tiges plus robustes, fruits plus gros et moins de bris sous le poids de la récolte du côté taillé en temps voulu.

La règle générale reste donc simple : pour un framboisier non remontant, viser la fin de récolte d’été pour la taille structurante, puis un passage d’ajustement avant la remontée de sève. Pour un framboisier remontant, planifier une suppression régulière des cannes épuisées après chaque vague de fruits, puis une intervention plus globale en fin d’automne ou hiver, sans jamais travailler dans un froid marqué. Un bon calendrier de taille prépare discrètement le terrain à une belle récolte, sans exiger de calculs compliqués.

Matériel, gestes techniques et organisation d’une séance de taille de framboisier

La taille d’un framboisier n’exige pas d’outils sophistiqués, mais demande un minimum de rigueur. Un sécateur émoussé, des gants trop fins ou une lame sale suffisent à transformer un simple entretien en porte d’entrée pour les maladies. Aborder l’élagage comme une petite opération de précision, même pour quelques mètres de rang, change réellement la santé du massif à moyen terme.

Le cœur de l’équipement reste un sécateur à lames croisées, bien affûté. Ce type de sécateur tranche proprement, sans écraser les fibres, contrairement aux modèles à enclume qui abîment les tiges de petit diamètre typiques d’un fruitier comme le framboisier. À côté, une paire de gants épais protège des aiguillons, surtout sur les variétés très piquantes. Pour un vieux rang où les cannes se sont épaissies, un petit ébrancheur peut rendre service sur les tiges les plus lignifiées.

Un point que beaucoup négligent concerne la désinfection des lames. Un simple flacon d’alcool à 70° ou une solution diluée de désinfectant suffit à éviter de transporter spores et bactéries d’un pied à l’autre. Dans un jardin où un pied montre déjà des taches suspectes ou des symptômes de rouille, ce détail devient encore plus important. Un coup de pulvérisation sur les lames entre deux plants prend quelques secondes mais évite parfois de contaminer toute la rangée.

La qualité de la coupe, elle, repose sur un geste simple : couper en biseau à environ 5 mm au-dessus du bourgeon choisi, avec un angle léger qui dirige l’eau de pluie à l’opposé de l’œil. Ce n’est pas une manie décorative, mais un moyen concret de limiter la stagnation d’humidité sur la plaie. Sur un rang sujet aux chancres ou au botrytis, cette précaution peut réduire nettement les attaques sur les zones de coupe.

Dans un petit jardin d’angle par exemple, un couple de retraités avait pour habitude de sectionner les cannes franchement à plat, à ras du bourgeon. Les coupes restaient gorgées d’eau après chaque averse. Dès le second hiver, plusieurs tiges ont montré des nécroses au niveau des plaies. En adoptant la coupe légèrement inclinée, avec une marge au-dessus du bourgeon, le nombre de tiges touchées a diminué au fil des saisons.

Pour visualiser l’organisation d’une séance de taille, il peut être utile de distinguer ce que l’on enlève, ce que l’on garde, et la façon dont on le positionne sur le palissage. Le tableau ci-dessous donne un aperçu clair des objectifs selon la situation :

Situation de taille Objectif principal Nombre de cannes à garder Hauteur et espacements conseillés
Framboisier non remontant après récolte d’été Supprimer toutes les cannes ayant fructifié et dégager les jeunes pousses 7 à 10 tiges par mètre linéaire Espacement 10 à 15 cm, hauteur finale 1 à 1,5 m
Framboisier remontant en fin d’hiver Renouveler la touffe et favoriser des pousses vigoureuses Jusqu’à 10 tiges par mètre, parfois taille rase Rabattage à 5 à 10 cm du sol ou à environ 80 cm pour quelques cannes conservées
Plant isolé en pot ou massif compact Assurer une bonne aération centrale et une cueillette facile 5 à 8 tiges maximum par plant Vérifier que la lumière pénètre au centre, cannes ni trop hautes ni couchées

Du côté du palissage, un système de deux fils tendus, l’un autour de 60 cm, l’autre vers 1,20 m, suffit pour maintenir les tiges de framboisier. Des attaches souples en raphia, ficelle ou liens spéciaux évitent de blesser l’écorce. Un fil de fer directement au contact du bois, surtout s’il se resserre avec le temps, crée au contraire des étranglements qui fragilisent la canne et favorisent les cassures lors des coups de vent.

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En pratique, une séance de taille bien préparée se déroule presque toujours dans le même ordre : désinfection des outils, repérage des cannes mortes ou productives, élimination des tiges en trop, ajustement de la hauteur, puis attache sur le palissage. Pour gagner du temps, nombreux sont ceux qui préparent un seau pour les déchets à brûler ou à évacuer, et un second pour les cannes saines destinées au compost. Le framboisier n’est pas un arbre d’ornement complexe, mais il réagit beaucoup mieux lorsque ces quelques gestes de base sont respectés à chaque passage.

Tailler framboisier non remontant et framboisier remontant : méthodes détaillées et exemples concrets

Passer de la théorie aux gestes concrets demande souvent un exemple. Prenons d’abord le cas du framboisier non remontant, typique des variétés d’été que l’on rencontre encore dans de nombreux potagers. À la fin de la récolte, vers juillet ou août, toutes les cannes qui ont porté des fruits n’ont plus de rôle à jouer pour l’année suivante. Les laisser en place revient à nourrir du bois inutile aux dépens des jeunes tiges qui deviendront les futures porteuses de fruits.

La première étape consiste donc à repérer ces vieilles cannes et à les couper au ras du sol, ou à 5 cm maximum. Inutile de laisser un moignon, qui se transformerait vite en bois mort propice aux champignons. Dans un rang un peu dense, mieux vaut s’avancer lentement, canne par canne, en vérifiant la présence d’anciens pédicelles ou de ramifications secondaires typiques d’une tige ayant fructifié. Les cannes supprimées sont ensuite regroupées et sorties du jardin si elles présentent des traces de maladie.

Une fois ce nettoyage effectué, le regard se tourne vers les tiges de l’année, vertes, plus souples, souvent dressées vers le haut. Parmi elles, tout n’est pas à garder non plus. L’objectif est de ne conserver que les plus belles, pour atteindre la fameuse plage des 7 à 10 cannes par mètre linéaire. On élimine sans hésiter les pousses chétives, les tiges qui se croisent, celles qui sortent de l’alignement ou qui densifient trop le centre du rang. À la fin de cette sélection, le massif paraît presque clairsemé, ce qui surprend souvent au début.

Ces cannes de remplacement, choisies pour leur diamètre et leur bonne implantation, peuvent ensuite être raccourcies à une hauteur pratique, autour de 1,20 m dans beaucoup de jardins. L’idée n’est pas d’obtenir un bord droit au millimètre, mais d’empêcher les tiges de trop se coucher sous le poids des fruits. On applique la coupe en biseau au-dessus d’un bourgeon bien orienté, puis on attache les cannes sur les fils de palissage, en les répartissant de manière équilibrée.

Sur un framboisier remontant, la logique diffère. Beaucoup de jardiniers choisissent la méthode dite « taille rase » en fin d’hiver : toutes les tiges sont coupées à 5 à 10 cm du sol une fois la dernière récolte d’automne terminée et les feuilles tombées. Ce choix simplifie l’entretien et donne en général une belle récolte d’automne l’année suivante, sur les nouvelles cannes vigoureuses. En contrepartie, la récolte d’été devient plus modeste, voire inexistante si l’on supprime toutes les tiges.

Certains préfèrent un compromis : garder deux ou trois cannes bien placées, coupées à environ 80 cm, pour assurer une petite cueillette dès le début de l’été, et rabattra le reste au ras. Les nouvelles pousses de printemps seront ensuite éclaircies de la même manière que pour les non remontants, de façon à maintenir une densité raisonnable. Là encore, le but est de ne pas transformer la touffe en buisson impénétrable saturé de bois inutile.

Une anecdote illustre bien la différence de résultat entre les deux approches. Dans un potager associatif, deux bandes de framboisiers remontants avaient été confiées à des jardiniers différents. Le premier pratiquait la taille rase hivernale, sans exception. Le second conservait systématiquement la moitié des cannes pour tenter d’obtenir plus de fruits. Au bout de quelques saisons, la première bande offrait une récolte d’automne compacte, avec de gros fruits faciles à cueillir. La seconde produisait certes plus tôt, mais avec des tiges fatiguées, des fruits plus petits et un entretien beaucoup plus contraignant.

Dans tous les cas, le point commun entre remontant et non remontant reste la discipline sur le nombre de cannes. Penser que « plus de tiges donneront plus de fruits » conduit presque toujours à l’effet inverse : manque de lumière, humidité persistante au cœur du massif, pression accrue des maladies et framboises qui peinent à grossir. S’en tenir à un gabarit de 7 à 10 tiges par mètre linéaire, quitte à hésiter un peu sur la dernière à garder, reste l’un des meilleurs repères pour maintenir un bon équilibre entre vigueur et rendement.

Pour les jardiniers qui ont hérité d’un massif complètement embroussaillé, rempli de tiges mortes et de drageons échappés, une remise à zéro peut parfois s’imposer. Un rabattage complet, suivi d’un tri sévère sur les nouvelles pousses au printemps suivant, permet souvent de relancer la croissance sur des bases saines. Le framboisier supporte bien ce type de rajeunissement, à condition d’accompagner ensuite par un bon paillage et un apport organique régulier. Dans ce scénario, la première année sert surtout à reconstruire une charpente propre, la pleine récolte revenant en général dès la deuxième saison après cette reprise en main.

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Après la taille : paillage, fumure, palissage et erreurs fréquentes à corriger

Beaucoup de jardiniers s’arrêtent une fois les cannes coupées et le sécateur rangé. Pourtant, l’entretien qui suit immédiatement la taille compte presque autant que les coupes elles-mêmes. Le framboisier possède un système racinaire superficiel, sensible aux variations brutales d’humidité et de température. Laisser le sol nu, compacté et appauvri après l’élagage, c’est se priver d’une bonne partie du bénéfice de la taille.

Un premier geste consiste à déposer un paillage de 8 à 10 cm au pied des plants. Bois raméal fragmenté, paille, feuilles mortes bien réparties ou compost bien décomposé forment un manteau protecteur. Ce paillage limite l’évaporation en été, freine la pousse des adventices et amortit l’impact des pluies sur le sol. Au fil des mois, il se dégrade pour nourrir en douceur la couche supérieure, là où s’étendent les racines actives du framboisier.

Juste avant, ou en même temps, un apport de fumure organique en surface apporte un vrai coup de pouce. Compost mûr ou fumier bien composté, à raison de quelques kilogrammes par mètre linéaire, suffisent largement sur un rang en place depuis plusieurs années. Inutile de retourner profondément le sol, au risque de sectionner les racines fines. Laisser les vers de terre et la microfaune faire le travail d’incorporation, surtout sous paillage, respecte mieux le fonctionnement naturel du massif.

Le palissage, lui, ne se limite pas à attacher trois cannes au fil. C’est une vraie étape d’organisation du rang. Resserrer ou remplacer les fils distendus, vérifier chaque attache, répartir les tiges de façon équilibrée : ces quelques minutes évitent bien des tiges cassées sous le vent ou le poids des fruits. Un palissage net transforme la récolte : les framboises restent visibles, sèchent plus vite après la pluie et respirent mieux, ce qui limite les développements de moisissures sur les fruits mûrs.

Parmi les erreurs fréquentes, la confusion entre vieille canne encore verte et jeune pousse prometteuse revient souvent. Une tige de deux ans peut conserver un aspect vigoureux tant qu’elle n’a pas affronté un second hiver. Le seul critère fiable reste la présence de traces de fructification. En cas de doute entre deux cannes proches, supprimer systématiquement la plus sombre à la base évite souvent de garder du bois improductif par prudence excessive. Ce réflexe améliore l’aération sans pénaliser la prochaine récolte.

Une autre faute typique concerne le moment de taille. Intervenir très tard en saison, lorsque les bourgeons gonflent déjà nettement, puise dans la réserve que la plante vient d’investir dans ces points de croissance. Ce choix retarde la reprise et affaiblit les jeunes tiges, qui auraient pu être mieux nourries. De l’autre côté, tailler en plein épisode de gel prolongé abîme les tissus au niveau des plaies et multiplie les portes d’entrée pour les champignons. Savoir patienter quelques jours pour retrouver une fenêtre plus douce mérite largement l’attente.

Dans un petit verger familial, une scène revient régulièrement : un rang de framboisier bien taillé mais entouré de déchets végétaux laissés au pied. Canne coupée, feuilles mortes, restes de fruits, tout s’accumule dans la bande de culture. Ce tapis de débris devient vite un réservoir de spores de rouille et de botrytis, prêts à profiter de la première humidité persistante. Le simple réflexe de ramasser systématiquement ces déchets après chaque taille, puis de les composter à part ou de les éliminer en cas de maladie, suffit à assainir durablement le massif.

En filigrane, l’idée centrale reste la même : la taille n’est qu’un maillon d’une chaîne de gestes d’entretien. Un framboisier suivi régulièrement, bien paillé, nourri avec modération et tenu propre au pied, peut rester productif bien au-delà de ce que l’on imagine souvent pour un arbuste fruitier de ce type. À l’inverse, un rang laissé en friche quelques saisons de suite perd rapidement en vigueur, au point que certains préfèrent tout arracher plutôt que de tenter une remise en état pourtant possible avec une taille énergique et un chantier de nettoyage complet.

Comment être sûr de ne pas confondre framboisier remontant et framboisier non remontant ?

Observez la période de fructification. Si des framboises apparaissent encore en septembre ou octobre sur des cannes vertes de l’année, il s’agit d’un framboisier remontant. Si la récolte se limite à l’été, sans fruit en automne, le plant est non remontant. En complément, les cannes ayant déjà fructifié présentent une écorce brun-gris avec des traces de pédicelles secs, tandis que les jeunes tiges de l’année restent vertes ou rougeâtres et lisses.

Pourquoi limiter le nombre de tiges par mètre sur un rang de framboisiers ?

Conserver environ 7 à 10 tiges par mètre linéaire permet de trouver un équilibre entre rendement et santé de la plante. Au-delà, les cannes se font de l’ombre, l’air circule mal et l’humidité stagne, ce qui favorise les maladies fongiques et donne des fruits plus petits. En dessous, la récolte baisse car il y a simplement moins de supports pour porter les framboises. Cet éclaircissage régulier reste l’un des leviers les plus efficaces pour maintenir une bonne production.

Faut-il couper toutes les cannes au ras du sol sur un framboisier remontant ?

La taille rase en fin d’hiver est une méthode fréquente pour les framboisiers remontants. Elle consiste à couper toutes les tiges à 5 à 10 cm du sol après la récolte d’automne et la chute des feuilles. Cette pratique simplifie l’entretien et favorise une forte récolte d’automne sur les nouvelles pousses. Certains jardiniers conservent toutefois 2 ou 3 cannes, raccourcies à environ 80 cm, pour obtenir une petite récolte d’été en plus. Le choix dépend du temps disponible et de la période de fruits que vous privilégiez.

Que faire si mon rang de framboisiers est complètement embroussaillé depuis des années ?

Sur un massif très encombré, où se mêlent vieilles tiges mortes, drageons envahissants et sol nu, une remise à zéro progressive s’avère souvent plus efficace. Un rabattage sévère, voire complet, peut se pratiquer en fin d’hiver, suivi d’un tri attentif des nouvelles pousses au printemps, en respectant la règle des 7 à 10 tiges par mètre. Il faut ensuite accompagner cette remise en forme par un paillage épais, un apport organique de surface et un palissage propre. La pleine récolte revient généralement dès la deuxième saison après cette intervention.

Pourquoi insiste-t-on sur la coupe en biseau au-dessus du bourgeon ?

Une coupe en biseau à environ 5 mm au-dessus d’un bourgeon dirige l’eau de pluie à l’opposé de l’œil, ce qui limite la stagnation d’humidité sur le bourgeon lui-même et sur la plaie. Cette orientation améliore la cicatrisation et réduit le risque de développement de chancres ou de pourriture des tiges, en particulier dans les jardins soumis à des hivers humides. C’est un petit détail, mais répété sur toutes les cannes, il contribue réellement à la longévité et à la santé du framboisier.

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