Althéa (hibiscus des jardins) : plantation, taille et entretien

L’Althéa, ou hibiscus des jardins, fait partie de ces arbustes qui transforment un coin de pelouse banal en décor d’été lumineux. Fleurs en trompette, couleurs franches, silhouette facile à contenir : il coche toutes les cases du bon compagnon de massif. Pourtant, beaucoup de jardiniers hésitent encore sur les gestes essentiels. Où le planter pour ... Lire plus
Olivier Lemoine
découvrez comment planter, tailler et entretenir l'althéa, aussi appelé hibiscus des jardins, pour un jardin florissant toute l'année.

L’Althéa, ou hibiscus des jardins, fait partie de ces arbustes qui transforment un coin de pelouse banal en décor d’été lumineux. Fleurs en trompette, couleurs franches, silhouette facile à contenir : il coche toutes les cases du bon compagnon de massif. Pourtant, beaucoup de jardiniers hésitent encore sur les gestes essentiels. Où le planter pour qu’il fleurisse vraiment longtemps ? Quelle exposition supporte-t-il en climat chaud ou en région froide ? Faut-il une taille sévère chaque année ou juste quelques coups de sécateur de temps en temps ?

Ce guide rassemble les repères concrets pour réussir la plantation, l’arrosage, l’entretien courant et la gestion de la rusticité de l’Althéa, du petit jardin de lotissement au grand terrain de campagne. On y suit, par exemple, le jardin de Claire et Marc, qui ont installé une haie fleurie d’hibiscus des jardins autour de leur terrasse en périphérie de Bordeaux. Choix du sol, protection au vent, calendrier de fertilisation, prévention des maladies : chaque point s’ancre dans des situations réelles. L’objectif reste simple : un arbuste bien installé, qui fleurit tout l’été sans vous monopoliser tous les week-ends. Le jardin doit rester un plaisir, pas une corvée.

En bref

  • Exposition : soleil non brûlant ou mi-ombre légère, abrité des vents froids pour une floraison longue.
  • Sol : terre ordinaire mais bien drainée, enrichie en compost, évitez l’eau stagnante autour des racines.
  • Plantation : de préférence à l’automne en climat doux, au printemps ailleurs, avec un trou large et un bon arrosage de reprise.
  • Taille de l’Althéa : intervention principale en fin d’hiver pour stimuler la floraison, plus quelques tailles légères en été si besoin.
  • Entretien : paillage, arrosages suivis les deux premières années, fertilisation modérée, surveillance des pucerons et cochenilles.
  • Rusticité : hibiscus des jardins bien adapté aux régions tempérées, protection utile en pot ou en climat très froid.

Althéa, hibiscus des jardins : bien choisir l’emplacement, l’exposition et le sol

Pour un Althéa en pleine forme, le point de départ reste toujours le même : l’endroit où vous allez le poser. Un arbuste mal placé passera son temps à végéter, même avec un engrais coûteux. A l’inverse, une bonne exposition et un sol adapté compensent largement un entretien modeste. C’est la différence entre un hibiscus des jardins couvert de fleurs en août et un autre qui n’ouvre que trois boutons fatigués.

Claire et Marc voulaient une haie fleurie autour de leur terrasse orientée sud-ouest. Ils ont misé sur l’Althéa plutôt que sur la lavande, trop courte en floraison, ou sur le laurier-rose, plus frileux. Leur réussite tient surtout à une observation simple : le soleil tape fort l’après-midi, mais la maison protège du vent du nord. Ce type d’analyse rapide vaut mieux que n’importe quelle fiche théorique. Le bon geste consiste à regarder votre terrain à différentes heures de la journée avant de creuser le moindre trou.

Exposition idéale pour l’hibiscus des jardins

L’Althéa apprécie la chaleur mais ne supporte pas d’être grillé en plein été sans un minimum de fraîcheur dans le sol. La situation la plus fiable reste une zone en plein soleil une bonne partie de la journée, avec éventuellement une ombre légère en fin d’après-midi dans les régions très chaudes. Une mi-ombre claire fonctionne bien dans le sud, alors qu’en climat plus froid, il vaut mieux offrir un maximum de lumière pour compenser.

Erreur fréquente : le planter à l’ombre d’un mur nord parce que « c’est plus pratique ». On se retrouve alors avec un arbuste qui s’allonge vers la lumière, fleurit peu et perd ses feuilles prématurément. Autre point à ne pas négliger : le vent. Les longues tiges de l’hibiscus des jardins peuvent casser lors de coups de vent violents, surtout tant que le bois n’est pas encore très lignifié. Un emplacement légèrement abrité par une haie plus basse, un grillage ou un muret améliore nettement le confort de la plante.

Caractéristiques du sol pour un Althéa durable

Contrairement à son cousin d’intérieur, l’hibiscus rose de Chine, l’hibiscus des jardins accepte très bien une terre de jardin classique. Ce qu’il redoute vraiment, c’est le sol gorgé d’eau en hiver. Dans une terre argileuse compacte, les racines manquent d’air et pourrissent silencieusement. C’est souvent ce qui explique les dépérissements soudains au bout de deux ou trois ans, alors que tout semblait bien parti.

Avant la plantation, un simple test aide à se situer : après une bonne pluie, observez la vitesse à laquelle l’eau s’infiltre. Si des flaques persistent plus de 24 heures, le sol manque clairement de drainage. Dans ce cas, on allège la terre avec du sable grossier et du compost mûr, ou bien on plante sur une légère butte pour surélever les racines. A l’inverse, en sol très sableux, l’enjeu sera de retenir un peu l’humidité avec de la matière organique et un paillage épais.

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Tableau récapitulatif exposition / sol / climat

Pour repérer rapidement les conditions adaptées à votre situation, le tableau suivant résume les grandes lignes à garder en tête pour la plantation de l’Althéa.

Situation Exposition conseillée Type de sol adapté Remarque sur la rusticité
Climat océanique doux Soleil ou légère mi-ombre Sol ordinaire, riche, bien drainé Bonne rusticité, peu de protection nécessaire
Climat continental froid Soleil plein, abrité du vent Sol profond, drainé, pas d’eau stagnante Jeunes plants à pailler en hiver, surtout en pot
Climat méditerranéen Soleil du matin, ombre légère l’après-midi Sol filtrant, amendé en compost Surveiller le dessèchement estival, paillage épais conseillé
Culture en pot Balcon lumineux, sans vent violent Substrat drainant (terreau + sable + compost) Protection hivernale indispensable en périodes de gel durable

Un Althéa bien placé, dans un sol préparé, supportera beaucoup mieux les petites erreurs d’arrosage ou d’engrais. C’est souvent là que se joue la différence entre un arbuste fragile et un compagnon solide.

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Plantation de l’Althéa : calendrier, gestes techniques et arrosage de reprise

Une fois l’emplacement choisi, le moment de la plantation fait toute la différence pour la reprise. Le bon réflexe consiste à caler ce geste sur la température du sol plutôt que sur une date de calendrier toute faite. Un Althéa planté trop tard en hiver, dans une terre glacée, mettra des mois à redémarrer. Planté en plein été sans suivi d’arrosage, il grillera en quelques semaines.

Claire et Marc ont planté leur haie d’hibiscus des jardins fin octobre, juste après un épisode pluvieux qui avait bien ameubli la terre. Les racines ont pu s’installer tranquillement pendant l’hiver, et leur haie a démarré dès avril suivant. Sur un autre chantier en Lorraine, la plantation s’est faite au printemps pour éviter un gel profond du sol. Deux contextes, deux choix, mais une logique commune : adapter le geste au climat local.

Quand planter l’hibiscus des jardins

En règle générale, deux périodes fonctionnent bien. L’automne, de septembre à novembre hors périodes de gel, convient parfaitement dans les régions aux hivers modérés. Le sol est encore chaud, les pluies sont plus fréquentes, ce qui limite le stress hydrique. La plantation de printemps, de mars à mai selon les régions, reste préférable là où les hivers sont plus rudes ou très humides.

Pour les sujets en pot vendus en conteneur, la marge de manœuvre est un peu plus large. On peut les installer tant que le sol n’est ni gelé ni brûlant. Mais planter au cœur de l’été, sous 30 °C, oblige à un suivi d’arrosage intensif et à un paillage sérieux. Autant réserver cette option aux cas où l’on n’a vraiment pas le choix.

Étapes détaillées pour une plantation réussie

Le geste de base reste simple, mais chaque étape joue un rôle précis. Voici une méthode qui a fait ses preuves avec l’Althéa :

  • Désherber soigneusement la zone pour supprimer la concurrence des racines et des herbes vivaces.
  • Creuser un trou au moins deux fois plus large que la motte, et légèrement plus profond.
  • Ameublir le fond du trou à la bêche pour faciliter la pénétration des racines.
  • Mélanger la terre extraite avec du compost mûr, voire un peu de sable en sol lourd.
  • Plonger la motte dans un seau d’eau quelques minutes si elle est sèche, afin de bien l’humidifier.
  • Installer l’arbuste de façon que le haut de la motte affleure au niveau du sol fini.
  • Reboucher avec le mélange terre/compost, en tassant légèrement à la main pour chasser les poches d’air.
  • Former une cuvette d’arrosage autour du pied et arroser abondamment.

Cette cuvette doit rester en place toute la première saison, quitte à l’adoucir un peu ensuite pour éviter que l’eau stagne en hiver. Un paillage organique, posé sur quelques centimètres d’épaisseur, gardera la fraîcheur et limitera la pousse des adventices autour du pied.

Arrosage après plantation et durant les premières années

L’arrosage de reprise conditionne la suite. Un seul gros arrosage le jour de la plantation ne suffit pas, surtout en période sèche. La règle la plus simple consiste à prévoir un apport copieux par semaine durant le premier mois, puis à espacer progressivement si la météo reste douce.

On parle ici d’un arrosoir complet de 10 litres pour un jeune plant, versé lentement dans la cuvette pour que l’eau pénètre en profondeur. Un petit apport tous les jours en surface humidifie à peine les premiers centimètres et incite les racines à rester en surface, ce qui rend l’Althéa plus fragile aux coups de chaud. Les feuilles qui se ramollissent en fin de journée témoignent d’un stress hydrique, tandis qu’un jaunissement généralisé peut traduire un excès d’eau ou un sol trop compact.

Une fois bien installé, l’hibiscus des jardins supporte mieux les périodes sèches que ce que son allure exotique pourrait laisser croire. Mais dans les régions où les étés deviennent vraiment brûlants, quelques arrosages de soutien, complétés par un paillage efficace, évitent les chutes de boutons avant l’éclosion. Un jeune Althéa accompagné correctement au départ réclamera bien moins de soins plus tard.

Taille de l’Althéa : quand intervenir et comment stimuler la floraison

Beaucoup de jardiniers redoutent la taille des arbustes à fleurs. Peur de couper au mauvais endroit, d’empêcher la floraison ou de provoquer une attaque de maladies. L’hibiscus des jardins fait partie des espèces assez indulgentes : même une taille un peu approximative donne souvent un résultat acceptable. En revanche, une taille réfléchie, au bon moment, multiplie les fleurs et maintient une belle silhouette pendant des années.

Le repère simple à garder en tête : l’Althéa fleurit sur le bois de l’année. Autrement dit, ce sont les pousses qui démarrent au printemps qui porteront les fleurs de l’été suivant. En taillant en fin d’hiver, on stimule la naissance de ces nouvelles pousses, plus nombreuses et mieux réparties.

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Le bon moment pour tailler l’hibiscus des jardins

Le créneau le plus adapté pour la taille principale de l’Althéa se situe en fin d’hiver, en général entre fin février et fin mars selon les régions, dès que le risque de fortes gelées s’éloigne. Les bourgeons commencent à gonfler, le bois est bien visible, et l’arbuste n’a pas encore déployé son nouveau feuillage.

Dans les zones très froides, certains préfèrent attendre début avril pour éviter que les jeunes bourgeons démarrent trop tôt et se fassent brûler par un dernier coup de gel. Mieux vaut alors tailler un peu plus tard, mais en restant modéré dans les raccourcissements, que d’intervenir trop tôt avec une taille sévère. En été, une petite taille de nettoyage, limitée aux fleurs fanées et aux branches gênantes, reste possible sans pénaliser la floraison générale.

Gestes pratiques pour une taille de formation et d’entretien

Sur un jeune Althéa en pleine croissance, l’objectif est de construire une charpente régulière. On sélectionne alors 4 à 6 branches principales bien réparties autour du pied, que l’on garde comme base. Les autres, trop faibles ou mal placées, peuvent être supprimées à la base pour éviter l’entassement au centre de l’arbuste.

Chaque année, en fin d’hiver, on raccourcit ces branches charpentières d’un tiers à la moitié de leur longueur, en coupant au-dessus d’un bourgeon tourné vers l’extérieur. Ce geste incite l’arbuste à se ramifier et à porter ses fleurs sur des rameaux solides. Les rameaux trop fins, qui se croisent ou qui poussent vers l’intérieur, sont retirés pour laisser circuler l’air et la lumière. Une bonne aération limite d’ailleurs pas mal de maladies.

Sur un sujet plus âgé, devenu un peu dégarni à la base, on peut envisager une taille de rajeunissement étalée sur deux ou trois ans. Chaque année, quelques vieilles branches sont rabatues plus court, presque au niveau du sol, pour qu’elles repartent sur du bois plus jeune. On évite de tout couper à ras la même année pour ne pas épuiser l’arbuste.

Erreurs de taille fréquentes à éviter

Deux erreurs reviennent souvent sur le terrain. La première consiste à tailler au sécateur à haie, en donnant à l’Althéa une forme de boule parfaite mais très dense. On obtient alors une coquille de verdure et de fleurs à l’extérieur, avec un intérieur sombre, sec et sans vigueur. La plante vieillit mal et réagit par des rameaux faibles qui cassent facilement.

La deuxième erreur, plus discrète, vient d’une taille trop timide. Rien n’est coupé, de peur d’abîmer. L’arbuste finit par s’allonger, les fleurs se concentrent en haut, et tout le bas se dégarnit. Un compromis raisonnable consiste à accepter de couper une partie des branches chaque année, en se concentrant sur celles qui sont mal placées ou trop longues. Une coupe nette, avec un outil propre, vaut mieux qu’une longue hésitation qui laisse tout en plan.

Une taille bien menée transforme vraiment la floraison. Beaucoup de jardiniers qui se plaignent d’un Althéa paresseux découvrent, après une seule saison de taille réfléchie, que leur arbuste sait être généreux.

Entretien courant de l’Althéa : arrosage, fertilisation, paillage et santé de l’arbuste

Un hibiscus des jardins bien implanté ne demande pas des heures chaque semaine. L’entretien se résume à quelques gestes réguliers : surveiller l’arrosage les premières années, nourrir le sol de temps en temps, garder le pied propre et paillé, jeter un œil aux feuilles pour repérer tôt les problèmes. Ce suivi léger, mais constant, vaut mieux que de grosses interventions ponctuelles quand l’arbuste va déjà mal.

Dans le jardin de Claire et Marc, la routine est vite calée. Un contrôle visuel en passant avec l’arrosoir, un peu de compost au printemps, un renouvellement de paillis en début d’été, et c’est tout. L’Althéa répond par une floraison quasi ininterrompue de juillet à septembre, sans traitement chimique. Ce type d’équilibre reste accessible à beaucoup de jardins, même modestes, à condition de ne pas négliger les bases.

Arrosage et gestion de l’humidité au pied

Passé les deux premières années, l’Althéa en pleine terre se débrouille généralement bien avec les pluies normales d’une région tempérée. En période de sécheresse prolongée, quelques arrosages profonds, espacés de 10 à 15 jours, soutiennent la floraison. Là encore, mieux vaut un apport copieux moins fréquent que des petits filets d’eau répétés.

Le paillage joue un rôle clé. Une couche de 5 à 8 cm de broyat de branches, de copeaux, de feuilles mortes ou de compost grossier limite l’évaporation, nourrit le sol et améliore sa structure au fil du temps. En évitant de coller le paillis directement contre le tronc, on réduit le risque de pourriture du collet. Dans les jardins où les étés deviennent plus chauds, ce paillage n’est plus une option, mais un vrai allié.

Fertilisation raisonnée pour l’hibiscus des jardins

L’Althéa n’a pas besoin d’une batterie d’engrais. Une fertilisation légère, bien ciblée, suffit largement. Un apport de compost mûr au pied, au début du printemps, mis à la surface sous le paillis, constitue une base solide. Ce geste nourrit le sol, pas seulement la plante, et stimule la vie microbienne utile autour des racines.

Pour booster la floraison, certains ajoutent un engrais organique riche en potassium, élément associé à la formation des fleurs et des fruits. Une seule application au printemps, suivie éventuellement d’un rappel léger en début d’été, reste suffisante. Trop d’azote, au contraire, pousse l’hibiscus des jardins à produire des feuilles au détriment des boutons. On se retrouve alors avec un feuillage magnifique, mais peu de fleurs. Une approche mesurée reste donc préférable aux surdosages.

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Surveillance des maladies et ravageurs

Globalement, l’hibiscus des jardins montre une bonne rusticité sanitaire, surtout en situation aérée. Les problèmes apparaissent souvent lorsque l’air ne circule pas ou que l’arbuste subit un stress (soif, excès d’eau, sol asphyxié). Sur les feuilles, quelques taches brunes ou jaunâtres peuvent signaler une maladie cryptogamique, parfois proche du mildiou. Favoriser une coupe qui laisse passer l’air, arroser au pied plutôt que sur le feuillage et éviter les sols gorgés d’eau limitent ces soucis.

Côté insectes, les pucerons et les cochenilles restent les visiteurs les plus fréquents. Des jeunes pousses collantes, des fourmis très actives et des feuilles qui se déforment donnent l’alerte. Un simple traitement au savon noir dilué, appliqué sur les parties atteintes, suffit souvent à rétablir l’équilibre, surtout si le jardin accueille des auxiliaires comme les coccinelles. La clé se situe dans la régularité de l’observation : intervenir tôt, quand le problème démarre, évite les grandes manœuvres plus tard.

Un entretien discret, mais suivi, donne un Althéa sain, capable de traverser les saisons sans histoire et de rester décoratif même en dehors de la pleine floraison.

Rusticité, culture en pot et protection hivernale de l’hibiscus des jardins

La question de la rusticité revient souvent à propos de l’hibiscus. Il existe en réalité plusieurs espèces sous le nom courant d’hibiscus. L’Althéa (Hibiscus syriacus), utilisé comme hibiscus des jardins, se montre beaucoup plus solide au froid que les hibiscus tropicaux cultivés en intérieur. Comprendre cette nuance évite bien des déceptions, surtout lorsqu’on déménage d’un climat doux vers une région plus fraîche.

À l’échelle d’un jardin français moyen, l’hibiscus des jardins tolère généralement des températures négatives modérées, surtout lorsqu’il est planté en pleine terre dans un sol bien drainé. En pot, l’histoire est différente : les racines sont plus exposées au froid, l’humidité stagne plus facilement, et la plante a moins de réserves.

Résistance au froid et choix variétal

La plupart des variétés d’Althéa proposées en pépinière supportent couramment des températures autour de -15 °C, parfois un peu plus bas en conditions abritées. La combinaison vent froid + sol détrempé reste plus dangereuse que le thermomètre lui-même. Un sol lourd, saturé d’eau en hiver, fragilise sérieusement les racines, d’où l’importance du drainage lors de la plantation.

Côté variétés, certaines séries à grandes fleurs simples se montrent parfois un peu plus sensibles à l’humidité excessive, mais la différence n’apparaît pas toujours dans les catalogues. Mieux vaut demander conseil à une pépinière locale qui connaît les retours dans votre région. Pour les projets de haies en altitude ou dans des zones aux hivers marqués, il reste prudent de tester d’abord quelques sujets sur un emplacement abrité avant de planter en masse.

Culture de l’Althéa en pot

Sur un balcon ou une terrasse, l’hibiscus des jardins se comporte très bien en grand pot, à condition de respecter quelques règles. Le contenant doit être percé au fond, avec une couche drainante (billes d’argile, graviers) recouverte d’un mélange de sol et de terreau bien structuré. Un substrat trop fin se tasse et retient l’eau, ce qui nuit à la santé des racines.

L’arrosage en pot demande plus de vigilance : l’eau s’évapore plus vite, mais l’excès se fait sentir aussi plus rapidement. Le test de base reste la main : on enfonce un doigt dans le substrat sur 3 ou 4 cm. Si c’est sec, on arrose. Si c’est encore frais, on attend. Une soucoupe pleine d’eau en permanence finit par asphyxier les racines. Une fertilisation un peu plus suivie qu’en pleine terre, avec un engrais organique équilibré en saison de croissance, aide l’arbuste à bien fleurir.

En hiver, un pot d’Althéa posé directement sur un carrelage gelé souffre davantage qu’un sujet en pleine terre. Relever légèrement le bac, le rapprocher d’un mur abrité et entourer le contenant d’un voile ou d’un isolant simple (carton, voile d’hivernage) suffit souvent à passer les coups de froid.

Gestes de protection hivernale en pleine terre

En pleine terre, la protection hivernale se concentre surtout sur les jeunes sujets et sur les jardins aux hivers plus rigoureux. Un paillage plus épais au pied, posé en fin d’automne, limite les variations brutales de température au niveau des racines. On peut utiliser des feuilles mortes, du broyat ou un compost grossier.

Sur les sujets récemment plantés, un voile d’hivernage, posé autour de l’arbuste lors des annonces de froid intense, offre un supplément de sécurité. Il s’agit d’une protection temporaire : le voile se retire dès que la vague de froid est passée pour laisser à nouveau circuler l’air. L’objectif n’est pas de surprotéger, mais d’accompagner l’arbuste le temps qu’il renforce sa charpente et son enracinement.

Une fois passé les premières années, un Althéa bien installé montre une solidité remarquable face aux hivers classiques d’un climat tempéré. Ce qui fragilise le plus reste l’excès d’eau plus que le froid lui-même, d’où l’intérêt de bien préparer le terrain dès le départ.

Quelle distance respecter entre deux Althéas pour une haie ?

Pour une haie décorative d’hibiscus des jardins, prévoyez en général 1 m à 1,20 m entre deux pieds d’Althéa. Cette distance permet aux arbustes de se rejoindre sans se gêner et laisse passer l’air entre les branches. Pour un massif mélangé avec d’autres arbustes, un espacement un peu plus large, autour de 1,50 m, donne de bons résultats.

Faut-il enlever les fleurs fanées sur l’hibiscus des jardins ?

Retirer les fleurs fanées n’est pas obligatoire, mais ce geste améliore nettement l’aspect de l’arbuste et peut encourager une nouvelle vague de floraison. Sur les variétés qui forment beaucoup de graines, supprimer une partie des fleurs fanées évite de fatiguer inutilement la plante. Une simple pincée à la main ou un coup de sécateur propre suffit.

Mon Althéa ne fleurit presque pas, que faire ?

Un manque de floraison vient souvent d’un manque de soleil, d’une taille mal placée ou d’un excès d’azote dans la fertilisation. Vérifiez d’abord l’exposition : un Althéa planté à l’ombre fleurit très peu. Ensuite, taillez en fin d’hiver pour stimuler le bois de l’année, sans intervenir sévèrement en été. Enfin, limitez les engrais trop riches en azote et privilégiez un apport de compost complété éventuellement par un engrais riche en potassium.

Peut-on déplacer un hibiscus des jardins déjà en place ?

Le déplacement d’un Althéa reste possible, de préférence en automne ou en fin d’hiver, lorsque la plante est en repos. Il faut alors prévoir une motte la plus large possible et raccourcir la ramure pour limiter l’évapotranspiration. Un arrosage suivi après la transplantation, ajouté à un paillage généreux, augmente les chances de reprise. Les sujets très âgés ou très volumineux se déplacent cependant avec plus de risques.

L’hibiscus des jardins supporte-t-il la taille en tige ou en petit arbre ?

Oui, l’Althéa se prête plutôt bien à une forme en tige, avec un tronc dégagé et une tête arrondie. Il faut alors supprimer régulièrement les rejets sur le tronc et maintenir une charpente de quelques branches principales en haut. Une taille annuelle en fin d’hiver garde une couronne compacte et bien fleurie. Ce type de forme demande un peu plus de suivi, mais offre un joli effet près d’une terrasse ou d’une entrée.

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