Quand tailler un olivier : la saison idéale et la technique

Entre les mains d’un jardinier, la taille olivier change tout : un arbre livré à lui-même finit touffu, peu productif et difficile à rattraper, tandis qu’un sujet suivi au bon moment offre une silhouette lumineuse et des récoltes régulières. La question revient partout en France, du petit olivier jardin dans un lotissement du Centre à ... Lire plus
Olivier Lemoine
découvrez la saison idéale pour tailler votre olivier et apprenez les techniques essentielles pour favoriser sa croissance et sa santé tout au long de l'année.

Entre les mains d’un jardinier, la taille olivier change tout : un arbre livré à lui-même finit touffu, peu productif et difficile à rattraper, tandis qu’un sujet suivi au bon moment offre une silhouette lumineuse et des récoltes régulières. La question revient partout en France, du petit olivier jardin dans un lotissement du Centre à l’olivier centenaire planté dans un mas provençal : quand intervenir, et surtout comment s’y prendre sans faire de dégâts. La clef se joue dans une fenêtre bien précise, entre la fin de l’hiver et le début du printemps, quand les risques de gel se tassent et que la sève se remet à circuler. À partir de là, tout se joue sur quelques gestes simples et réfléchis, loin des coupes systématiques qu’on voit parfois sur les parkings ou en bord de route.

Sur le terrain, l’écart est frappant entre deux arbres pourtant plantés le même jour. Le premier a bénéficié d’une taille d’entretien olivier légère chaque année, centrée sur l’aération du cœur et la suppression des bois inutiles. Le second a été oublié, par crainte de mal faire ou faute de temps. Après quelques saisons, le premier se couvre de fruits accessibles, avec des branches bien éclairées. Le second devient une masse de bois et de feuilles, plus fragile face aux maladies et presque impossible à récolter sans échelle. Cet article suit cette logique concrète : comprendre la période taille olivier selon les régions, distinguer taille hiver olivier et taille printemps olivier, puis détailler une technique taille olivier réaliste, applicable dans un simple olivier potager comme dans un grand jardin d’ornement. En fil rouge, l’idée reste la même : moins de coups de sécateur, mais au bon endroit et au bon moment.

  • Quand intervenir : entre fin février et fin avril selon les régions, en évitant gels tardifs et fortes chaleurs.
  • Pourquoi tailler : aérer le houppier, limiter les maladies, régulariser la production d’olives et garder un arbre accessible.
  • Quels gestes clés : suppression des drageons, bois morts, branches qui se croisent, éclaircissage du centre.
  • Comment adapter : distinguer jeune olivier, arbre adulte, sujet jamais taillé et olivier ornemental sculpté.
  • Avec quels outils : sécateur affûté, scie d’élagage, échelle stable, désinfection systématique entre les arbres.

Quand tailler un olivier : repères saisonniers et différences selon les régions

La saison taille olivier ne se résume pas à un mois griffonné sur un calendrier. Dans la pratique, le bon créneau dépend à la fois du climat local, de l’âge de l’arbre et de l’objectif recherché, qu’il s’agisse de production d’olives ou seulement d’un bel aspect décoratif. Les oléiculteurs des régions méditerranéennes parlent souvent d’une fenêtre qui va de la fin de l’hiver au tout début du printemps, lorsqu’on peut manipuler l’arbre sans lui infliger un stress lié au froid. Cette fenêtre se raccourcit ou se décale dès que l’on remonte vers le nord ou que l’on prend de l’altitude.

Dans le Sud, entre Provence et Languedoc, un jardinier comme Marc, propriétaire d’un verger d’une trentaine d’arbres, commence sa taille printemps olivier dès la fin février lorsque les nuits restent au-dessus de zéro. Il guette les prévisions de Météo-France et n’hésite pas à décaler d’une semaine si une vague de froid est annoncée. Cette vigilance n’est pas un excès de prudence : une branche coupée juste avant une gelée forte cicatrise mal, se nécrose parfois, et ouvre une porte aux champignons. Plus au nord, dans le Bordelais ou la vallée de la Loire, les mêmes gestes se feront souvent fin mars ou début avril, voire un peu plus tard dans les années à hiver long.

Ce décalage se retrouve dans les jardins d’ornement. Un petit olivier jardin planté près d’une façade bien exposée se réchauffe plus vite qu’un arbre isolé au milieu d’un champ venté. Certains jardiniers prennent un repère très simple : tant que la pelouse reste détrempée et froide au toucher au petit matin, on patiente. Dès que les températures douceâtres s’installent et que les bourgeons gonflent, la période de taille olivier devient propice. Ce repère sensoriel fonctionne souvent mieux qu’une date fixe, surtout dans un contexte climatique où les saisons deviennent plus irrégulières.

La taille hiver olivier pose une autre question. Tailler en plein mois de janvier sur un arbre installé en pleine garrigue, comme le font parfois certains professionnels après la récolte, peut fonctionner dans des poches littorales très douces où le thermomètre descend rarement sous zéro. Mais transposer cette habitude à un jardin du Centre, même abrité, augmente fortement le risque de dégâts. C’est l’un des malentendus fréquents chez les jardiniers amateurs qui reproduisent ce qu’ils ont vu en vacances, sans prendre en compte la différence de climat.

Un cas particulier mérite d’être noté : l’olivier cultivé en pot sur une terrasse, souvent appelé par facilité olivier potager quand il côtoie tomates et aromatiques. En bac, les racines se refroidissent beaucoup plus vite que dans le sol. Pour ce type de culture, mieux vaut systématiquement attendre le cœur du printemps dans les régions hors zone méditerranéenne. On anticipe un peu moins la taille, mais on évite les revers. En résumé, le calendrier doit rester souple, guidé par la météo locale plus que par une règle figée.

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Au fond, le repère le plus fiable pour la période taille olivier reste la combinaison de trois signaux : risque de gel en nette baisse, début de reprise de végétation visible, et sol qui ne mord plus les doigts au toucher. Cette triade évite la plupart des déconvenues, que l’on intervienne pour un verger complet ou un seul arbre en bordure de terrasse.

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Taille olivier au printemps, en été ou en automne : ce qui change vraiment

La tentation est grande de sortir le sécateur dès qu’une branche dérange la vue, quel que soit le mois. Pourtant, chaque saison déclenche une réaction différente dans l’arbre. Une taille printemps olivier juste avant la floraison accompagne la montée de sève, ce qui favorise une cicatrisation rapide et l’émission de nouveaux rameaux porteurs de fleurs l’année suivante. C’est la période de référence pour la majorité des interventions structurantes, qu’il s’agisse d’une taille de formation sur un jeune arbre ou d’une taille d’entretien sur un sujet adulte.

En été, la plante consacre déjà une bonne partie de son énergie à la croissance des fruits et au maintien de l’hydratation du feuillage. Une coupe trop importante à ce moment perturbe l’équilibre, surtout en cas de forte chaleur. D’où l’intérêt de réserver la taille estivale à quelques ajustements : suppression de rameaux gourmands qui montent à la verticale, allègement très modéré d’une branche qui fait de l’ombre à un massif voisin, ou retrait d’une branche cassée par le vent. Cette manière de pratiquer un élagage olivier d’appoint limite le stress et laisse l’arbre poursuivre sa saison sans à-coups.

L’automne pose un autre problème. L’arbre prépare ses réserves pour l’hiver, et une coupe importante le force à cicatriser au moment où la sève ralentit. Les plaies restent ouvertes plus longtemps, ce qui laisse le champ libre aux champignons en cas d’automne humide. Une taille légère, limitée à quelques rameaux mal placés, reste tolérable en septembre dans les régions douces, mais une taille structurante a clairement plus sa place au printemps. Là encore, le bon sens prime : l’objectif n’est pas de multiplier les passages, mais de choisir celui qui sera le plus bénéfique.

Sur le terrain, on voit souvent des oliviers rabotés brutalement en boule à l’automne pour « faire propre » avant l’hiver. Le résultat immédiat flatte l’œil, mais la plante réagit par une explosion de pousses vigoureuses au printemps suivant, souvent mal placées, qu’il faudra recouper. À l’inverse, une taille réfléchie au printemps, centrée sur la structure, limite ces repousses anarchiques et rend l’entretien bien plus simple sur plusieurs années. La différence se mesure autant en temps qu’en santé de l’arbre.

Pourquoi tailler un olivier : santé, récolte et esthétique au fil des années

Avant même de parler de technique taille olivier, il est utile de comprendre ce que l’arbre gagne réellement à chaque coup de sécateur. Contrairement à certaines haies qui supportent des tailles géométriques répétées, l’olivier réagit mieux à des interventions ciblées. Sa biologie repose sur une alternance entre bois de l’année et bois de deux ans, le second portant l’essentiel des fleurs. Toute la stratégie de coupe consiste donc à renouveler en continu ce bois porteur, sans épuiser l’arbre ni le transformer en chandelle.

Un phénomène frappe les jardiniers qui laissent filer un olivier durant de longues années : la production de fruits se concentre en périphérie, souvent en hauteur, tandis que l’intérieur se vide de vie. L’ombre permanente dans le cœur du houppier empêche la formation de nouveaux rameaux florifères. La taille corrige ce déséquilibre en ouvrant l’arbre, ce qui permet à la lumière de pénétrer en profondeur. La circulation de l’air s’améliore, les feuilles sèchent plus vite après la pluie ou la rosée, et le risque de maladies cryptogamiques chute nettement.

Cette question sanitaire n’est pas anecdotique. Sur les parcelles où aucune taille d’entretien olivier n’est réalisée, les attaques fongiques s’installent facilement, notamment lorsque les printemps sont longs et humides. L’œil de paon, par exemple, profite de l’humidité stagnante pour se développer sur les feuilles. En retirant une partie des branches qui se croisent ou qui pointent vers l’intérieur, on casse ces poches de confinement. Beaucoup de jardiniers constatent d’ailleurs que, combinée à une bonne gestion du sol et à un paillage adapté, cette aération limite déjà une bonne partie des traitements nécessaires.

Sur ce point, l’association entre un sol bien structuré et une taille équilibrée joue à plein. Installer un paillage minéral autour du pied, par exemple avec les conseils donnés dans cet article sur le paillage en ardoise au jardin, aide à maintenir une humidité régulière sans étouffer le collet. Ce cadre sain permet à l’arbre de mieux encaisser les coupes et de repartir vigoureusement. De nombreux propriétaires qui ont restauré des oliviers négligés mêlent d’ailleurs ces deux leviers : intervention dans la ramure et amélioration de la vie du sol.

L’esthétique joue un autre rôle, surtout pour les oliviers d’ornement. Un arbre équilibré, dont les branches principales se répartissent en gobelet, laisse passer la lumière tout en dessinant une silhouette claire. À l’inverse, un tronc surmonté d’un fouillis de menues branches donne une impression de fatigue et de désordre. La taille permet ici de raconter quelque chose dans le jardin, en harmonisant la hauteur de l’olivier avec celle d’un massif voisin, d’une allée ou d’une terrasse. Les projets d’aménagement de jardin extérieur intègrent d’ailleurs souvent l’olivier comme pivot visuel, à condition qu’il soit bien structuré.

Pour un fidèle de l’olivier potager, planté en bordure de carrés de légumes, l’enjeu est différent mais tout aussi fort. L’arbre apporte ombre légère et présence graphique, tout en fournissant parfois quelques olives destinées aux conserves familiales. Une taille adaptée permet alors de maîtriser l’ombre portée afin de ne pas priver de lumière les tomates ou les poivrons situés dessous. Là encore, quelques coupes bien choisies suffisent à conserver ce compromis entre production, confort et esthétique. La taille devient alors un réglage fin du paysage plutôt qu’une simple corvée.

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Comment tailler un olivier pas à pas : de la taille de formation à la taille d’entretien

Passer à l’action sur un arbre, surtout lorsqu’il a de la valeur affective, impressionne souvent les jardiniers débutants. Pour autant, la plupart des oliviers réagissent mieux à une coupe franche qu’à un abandon prolongé. La clé consiste à suivre un ordre logique, toujours le même, qui va des éléments les plus évidents vers les plus fins. Cette méthode s’applique aussi bien à un arbre de verger qu’à un sujet isolé en bordure de pelouse.

La première étape consiste à débarrasser la base des rejets inutiles. Les drageons, ces pousses vigoureuses qui démarrent au pied ou parfois sur les racines, pompant une grande part de la sève, n’apportent rien à la structure. Ils se retirent de préférence à la main, en arrachant la base pour limiter la repousse. Ensuite viennent les gourmands, ces branches dressées quasiment à la verticale à l’intérieur de la ramure. Très vigoureuses, elles produisent peu de fruits. Les retirer au début de l’intervention libère déjà de la lumière et clarifie le dessin général.

Une fois ce nettoyage de base réalisé, la véritable technique taille olivier se met en place autour des charpentières. On observe l’ossature principale de l’arbre pour identifier trois ou quatre branches bien positionnées, qui construisent un gobelet ouvert. Les branches concurrentes ou mal orientées sont raccourcies ou supprimées selon leur vigueur et leur emplacement. Sur un jeune arbre, les coupes restent limitées mais structurantes. Sur un sujet déjà formé, elles servent surtout à maintenir cet équilibre, en évitant la multiplication de charpentières qui monterait trop haut.

Vient ensuite l’éclaircissage du centre. L’objectif est simple à vérifier : en se plaçant face à l’arbre, on doit distinguer le ciel à travers les branches. Les rameaux qui poussent vers l’intérieur ou qui se croisent sont les premiers candidats à la coupe. On coupe toujours légèrement au-dessus d’un bourgeon dirigé vers l’extérieur, pour orienter la future pousse. Sur les branches de diamètre supérieur à 3 cm, une application de mastic cicatrisant limite les risques d’infection, surtout dans les régions humides.

La façon de tenir les outils compte autant que le choix des branches. Un sécateur bien affûté coupe net et net seul, sans écraser l’écorce. Une scie d’élagage utilisée dans le bon sens évite les déchirures. Pour les branches lourdes, une coupe en deux temps, avec une première entaille par-dessous, puis la coupe principale par-dessus, empêche le bois de se fendre en tombant. Ces gestes viennent souvent avec l’habitude, mais gagner du temps au début en se formant via une vidéo ou une démonstration reste une bonne idée.

Dans la grande majorité des cas, il est inutile de chercher à « égaliser » le contour de l’arbre à la cisaille, comme on le ferait pour une haie. Cette habitude gomme les différences naturelles entre branches, densifie exagérément le feuillage périphérique et oblige à des retouches fréquentes. Un olivier reste plus sain lorsqu’on privilégie des coupes internes, à l’intérieur du houppier, plutôt que des retouches cosmétique en surface. L’œil finit par s’habituer à cette forme plus libre, souvent plus élégante au fil des saisons.

Type d’intervention Objectif principal Période conseillée Volume de bois retiré
Taille de formation Construire la charpente d’un jeune arbre Début de printemps, après risques de gel Faible, coupes ciblées
Taille d’entretien Aérer le houppier, maintenir la production Printemps (mars-avril selon région) Environ 20 à 30 % du volume
Taille de rajeunissement Reprendre un olivier trop haut ou négligé Printemps, sur 2 à 3 années Importante, en plusieurs étapes
Taille ornementale légère Affiner la silhouette d’un olivier décoratif Printemps, retouches ponctuelles en été Très modérée, ajustements locaux

Au fil des saisons, cette logique répétée de nettoyage, structuration puis éclaircissage rend l’arbre lisible, autant pour l’œil que pour le sécateur. On connaît ses charpentières, on repère vite les rameaux à conserver, et la séance de taille se transforme d’obligation en rendez-vous presque attendu. La taille d’un olivier réussi repose moins sur la force que sur cette capacité à lire ce que l’arbre propose.

Adapter la taille à chaque cas : olivier fruitier, ornemental, jamais taillé ou en nuages

Les besoins d’un olivier dédié à la production ne sont pas les mêmes que ceux d’un arbre planté uniquement pour sa présence dans un jardin contemporain. Pourtant, les conseils génériques ne font souvent pas la différence. Dans la réalité, chaque olivier raconte une histoire différente : jeune arbre offert lors d’une crémaillère, vieux sujet repris après un achat de maison, topiaire taillé en nuages dans un patio… La manière d’aborder la taille change alors du tout au tout.

Pour un olivier fruitier classique, planté en terre dans un verger ou en bordure de potager, la priorité reste la régularité de la récolte. Une taille d’entretien olivier annuelle, au printemps, permet de supprimer le bois de plus de deux ans qui ne donne plus grand-chose, tout en stimulant les rameaux de l’année précédente, futurs porteurs d’olives. L’erreur fréquente consiste à couper trop court après une bonne année de production, dans l’espoir de « reposer » l’arbre. Au contraire, on privilégie des coupes modérées et régulières, pour éviter les à-coups alternant années fastes et années pauvres.

Sur un olivier d’ornement, la logique glisse davantage vers le dessin des volumes. Un arbre installé près d’une terrasse ou au milieu d’un massif se prête bien à une taille douce, visant à créer une couronne aérée, ni boule parfaite ni fouillis. On raccourcit les branches qui s’étirent exagérément et menacent de déséquilibrer la silhouette. On profite parfois de la séance pour adapter l’ombre portée, par exemple en remontant légèrement la ramure du côté d’un coin repas extérieur, tout en la laissant plus basse au-dessus d’un massif d’ombre.

Le cas de l’olivier jamais taillé avant l’achat d’une maison revient souvent. Le nouveau propriétaire hérite d’un tronc solide, coiffé d’un amas de bois entremêlé. Plutôt que d’imaginer tout corriger en une seule fois, le plus sage consiste à programmer une taille de rajeunissement sur deux ou trois années. La première année se concentre sur l’ouverture du cœur et la suppression des bois morts. La seconde vient affiner la structure, en définissant clairement trois ou quatre charpentières. La troisième consolide l’ensemble, en réglant les détails et en limitant les repousses anarchiques.

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Enfin, certains jardins contemporains font le choix d’une taille en nuages, inspirée des jardins japonais. L’olivier s’y prête étonnamment bien, grâce à son feuillage fin et persistant. Le principe est simple à décrire mais demande de la patience : on sélectionne quelques branches principales qui porteront chacune un ou plusieurs « plateaux » de feuillage. La partie inférieure de ces branches est progressivement dégagée, tandis que l’on travaille le dessus en masses arrondies. Des cordelettes peuvent aider à redresser ou incliner une branche sur plusieurs années, pour renforcer cette impression de nuages suspendus.

Cette approche nuageuse ne remplace pas la logique de santé de l’arbre, elle la complète. Les bases restent les mêmes : lumière dans le cœur, suppression du bois malade, entretien régulier. Simplement, chaque coupe tient compte du dessin global recherché, ce qui donne à l’olivier une dimension sculpturale. Dans un petit jardin urbain, un seul arbre ainsi travaillé suffit souvent à structurer tout l’espace, sans encombrer le sol.

Outils, préparation et entretien après taille : sécuriser chaque intervention sur l’olivier

La réussite d’une séance de élagage olivier tient autant au geste qu’au matériel utilisé. Un sécateur émoussé écrase les tissus, laissant des plaies irrégulières où s’infiltrent facilement les spores de champignons. Une scie mal adaptée force le bras, augmente la fatigue et la probabilité de mauvaise coupe. Avant même d’approcher la première branche, une vérification rapide de l’outillage évite une série de petits problèmes qui, mis bout à bout, pèsent sur l’arbre.

Dans la plupart des jardins, trois outils suffisent. Un sécateur à lame franches pour les branches fines, jusqu’à deux centimètres de diamètre, une scie d’élagage courbe pour les coupes plus importantes, et une cisaille pour quelques reprises superficielles éventuelles. Sur des sujets hauts, un sécateur sur perche permet de travailler depuis le sol, sans multiplier les montées et descentes d’échelle. Les mains se protègent avec des gants, autant pour éviter les micro-blessures que pour améliorer la tenue des outils.

La désinfection reste un point souvent oublié au jardin mais routinier chez les professionnels. Passer d’un arbre malade à un arbre sain avec les mêmes lames favorise la transmission de pathogènes. Un simple chiffon imbibé d’alcool à 70 % ou d’eau de javel diluée, passé sur les lames entre deux sujets, réduit très nettement ce risque. En pratique, beaucoup de jardiniers prennent l’habitude de désinfecter en début et en fin de séance, avec une attention particulière lorsqu’ils repèrent des taches suspectes sur les feuilles ou le bois.

Après la taille, l’attention se déplace vers le pied de l’arbre. Les rameaux coupés peuvent être broyés sur place et utilisés en paillage, dès lors qu’ils proviennent d’un arbre sain. Ce paillis de bois, étalé en couche raisonnable, protège le sol contre le dessèchement et nourrit progressivement la vie microbienne. Les jardiniers qui souhaitent optimiser la vigueur des arbres combinent souvent cette pratique avec un apport raisonné de nutriments, en suivant des recommandations comme celles que l’on trouve dans un dossier consacré à l’engrais pour olivier en pleine terre.

Les semaines qui suivent offrent une bonne occasion de surveiller la réaction de l’arbre. Une repousse équilibrée, avec de nombreux jeunes rameaux bien répartis, indique que la taille a respecté la physiologie du sujet. Une explosion de gourmands verticaux peut en revanche signaler une intervention trop sévère, à corriger l’année suivante par des coupes plus mesurées. Ce retour d’observation, saison après saison, vaut toutes les théories : chaque jardin, chaque sol, chaque microclimat imprime sa marque sur la façon dont l’olivier répond.

Enfin, il ne faut pas négliger le contexte saisonnier plus large. Dans certains jardins, la taille de l’olivier s’inscrit dans un planning global des travaux de fin d’hiver et de début de printemps. On profite par exemple d’une journée sèche pour vérifier les protections encore en place autour des plantes sensibles, finies ou non depuis les travaux de jardin menés en décembre, puis on enchaîne sur la taille des fruitiers à pépins, des rosiers, et celle de l’olivier. Cette manière de raisonner par fenêtres de climat plutôt que par espèces isolées permet de mieux caler son temps au jardin sur les caprices de la météo.

Au bout du compte, préparer ses outils, définir un plan même simple avant de couper, et accompagner l’arbre après l’intervention pèsent parfois davantage que les subtilités de vocabulaire entre taille d’entretien, de formation ou de rajeunissement. L’olivier, robuste par nature, réagit très bien à ce trio préparation, geste propre, suivi attentif.

Quelle est la meilleure période pour tailler un olivier dans un jardin hors région méditerranéenne ?

Dans les régions au climat plus frais que la Provence, la meilleure période se situe généralement entre la mi-mars et la fin avril. L’objectif est d’attendre la fin des gelées sérieuses tout en intervenant avant la floraison. Il reste plus fiable de se fier aux prévisions météo qu’à une date fixe : si des températures négatives sont annoncées la nuit, mieux vaut décaler la taille de quelques jours.

Peut-on pratiquer une taille sévère sur un olivier très vieux et jamais entretenu ?

Oui, l’olivier supporte une taille sévère, mais il est conseillé de l’étaler sur deux ou trois ans. La première année, on ouvre le cœur et on enlève le bois mort. La suivante, on définit clairement une nouvelle charpente. Cette progression évite un choc trop important et permet à l’arbre de reconstituer ses réserves entre deux campagnes de taille.

Faut-il appliquer un produit sur les grosses coupes après la taille ?

Sur les plaies importantes, de plus de 3 cm de diamètre, un mastic cicatrisant reste recommandé, surtout dans les régions à printemps humide. Il limite les risques d’infection et aide le bois à se refermer. Sur les coupes fines réalisées avec un outil bien affûté, l’olivier cicatrise en général sans aide particulière.

La taille d’un olivier en pot suit-elle les mêmes règles que celle d’un olivier en pleine terre ?

Les principes restent les mêmes, mais avec davantage de prudence sur le calendrier et l’intensité des coupes. Un olivier en pot subit plus vite les variations de température et les manques d’eau, surtout en hiver. On attend donc un printemps bien installé pour tailler, et on limite le volume de bois retiré afin de ne pas trop solliciter un système racinaire confiné.

À quelle fréquence faut-il programmer la taille d’un olivier adulte en bonne santé ?

Pour un olivier bien installé, une taille d’entretien annuelle au printemps suffit généralement à maintenir un bon équilibre entre croissance, santé et production de fruits. Certains jardiniers se contentent d’une taille tous les deux ans pour un sujet strictement ornemental peu vigoureux, mais il est préférable de ne pas laisser plus de trois ou quatre années sans aucune intervention, sous peine de devoir ensuite réaliser une reprise de structure plus lourde.

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